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E-Cat : est-ce qu’il y a suffisamment de nickel sur la terre ?


NickelConcernant le E-Cat, plusieurs lecteurs ont demandé à Pierre Langlois s’il y avait suffisamment de nickel produit pour satisfaire en énergie les habitants de la terre. Voici sa réponse.

Dans le cadre d’une entente nouée avec le physicien Pierre Langlois ,Éco-Énergie à Montréal et Roulezelectrique ont obtenu le privilège de vous présenter le contenu intégral des infolettres qu’il publie sur une base régulière. Mentionnons que Pierre Langlois est consultant en mobilité durable, auteur et conférencier. Il est d’ailleurs l’auteur du livre Rouler Sans Pétrole, publié aux Éditions MultiMondes. On a pu l’apercevoir au petit écran dans des reportages consacrés aux hybrides rechargeables et aux batteries et voitures électriques, à l’émission Découverte, entre autres, où il a témoigné en tant qu’expert. Il a également siégé sur le comité aviseur responsable d’appuyer Daniel Breton dans le développement de la politique d’électrification des transports du Québec. Un gros merci à lui.

E-Cat : est-ce qu’il y a suffisamment de nickel sur la terre ?

Bonjour à tous

Concernant le E-Cat, certains d’entre vous m’ont demandé s’il y avait suffisamment de nickel produit pour satisfaire en énergie les habitants de la terre.

En abordant cette question, il faut bien réaliser tout d’abord que le nickel n’est pas consommé dans un E-Cat, il devient simplement légèrement plus lourd puisque les isotopes légers (Ni 58, Ni 60 et Ni 61) se convertissent en Nickel 62 (isotope plus lourd). À la fin de sa vie utile dans un réacteur E-Cat, le nickel peut donc être remis sur le marché pour ses autres applications, dont la principale consiste a l’intégrer avec d’autres métaux pour former des alliages, dont le plus connu est l’acier inoxydable. La résistance à la corrosion du nickel fait qu’on l’utilise également en placage pour protéger d’autres matériaux de l’oxydation.

Maintenant, pour les fins de mon évaluation je considère qu’on peut avoir un COP de 7 avec un E-cat commercial, soit le double de ce qui a été mesuré dans le rapport E-Cat du 8 octobre, et qui me semble réaliste à la lueur des faits présentés dans mon infolettre précédente sur la production d’électricité et les prolongateurs d’autonomie.

Dans le rapport du 8 octobre 2014 on apprend que 1,5 Mwh d’énergie thermique ont été produits avec 1 g de Nickel, et un COP de 3,6. Avec un COP de 7 on en produirait donc 3 Mwh.

Regardons maintenant combien d’énergie électrique est consommée par les 8 millions de Québécois. En 2011 c’est 186 million de Mwh que nous avons consommé. Si on veut électrifier complètement les transports au Québec (100 % des km) il faut ajouter 10%, ce qui nous donnerait une consommation de 204 millions de Mwh. En supposant un COP de 7 pour des centrales électriques E-Cat, on aurait une efficacité globale des centrales de 18 %. Il nous faudrait dont générer 5,5 fois plus d’énergie thermique, soit 1,13 milliards de Mwh par année. Pour connaitre la quantité de nickel requis il suffit de diviser par 3 Mwh (quantité d’énergie thermique produite par 1 g de nickel). On arrive alors à 377 tonnes de nickel. Pour 8 milliards d’habitants (1000 fois plus qu’au Québec), ça voudrait donc dire 377 000 tonnes de Nickel pour produire l’électricité et faire fonctionner nos véhicules. Or, la production minière mondiale de Nickel en 2012 a été de 2,1 million de tonnes. Voir

http://en.wikipedia.org/wiki/Nickel

C’est donc dire que la quantité annuelle de nickel requise pour 8 milliards d’habitants avec une consommation d’électricité effrénée comme au Québec et incluant l’électrification des transports routiers représenterait 18 % de la production minière mondiale de nickel. Mais en faisant un effort sérieux sur notre efficacité énergétique, qui est loin d’être optimale au Québec, on pourrait descendre à environ 14 % de la production mondiale de nickel. Car on sait qu’au Québec on chauffe nos maisons et édifices à l’électricité en très grande partie. Il serait beaucoup moins énergivore de chauffer directement avec un mini E-Cat que de le transformer en électricité avec un rendement de 18 %. Sans compter que l’isolation des bâtiments peut être améliorée. L’éclairage avec des diodes électroluminescentes consommant 6 fois moins d’énergie que les ampoules incandescentes pourrait également y contribuer de façon significative.

Toutefois, n’oublions pas que les énergies renouvelables ont toujours leur place, que ce soit l’énergie solaire, éolienne, hydraulique ou géothermique. En comptant 50 % d’énergie renouvelable, ça fait diminuer la consommation de nickel à 7 % de la production minière mondiale. Et enfin, si le E-Cat peut atteindre un COP de 10, on tomberait à environ 5 % de la production mondiale de nickel.

Pour ce qui est des réserves mondiale de nickel, elles sont évaluées à 75 millions de tonnes métriques en 2013. Voir

http://en.wikipedia.org/wiki/Nickel

Avec une production minière de 2,1 millions de tonnes par année, il nous en resterait donc pour 35 ans, si on ne recycle pas plus. Il va falloir aller vers d’autres matériaux que l’acier, comme les fibres de carbone et l’aluminium.

La problématique d’une croissance exponentielle de la population et une croissance exponentielle des biens de consommation est une impasse inéluctable à laquelle il faudra faire face rapidement, entre autre en abolissant la sacro-sainte croissance économique qui dicte de toujours produire plus et consommer davantage, en prônant le jetable. Voici le graphique de la production de nickel depuis 1900 que l’on retrouve sur la page wikipedia référencée plus haut. C’est très éloquent…

nickel-e-cat-1

Je termine en insistant sur le fait que le nickel n’est pas consommé dans un E-Cat. C’est la distribution de ses isotopes qui change. Il peut donc être réutilisé pour les autres utilisation. Dans l’immédiat, il faut mettre en place des mesures de recyclage du nickel beaucoup plus importantes.

Pour ce qui est du futur, on n’a pas encore considéré l’exploitation des ressources minières des océans, mais à l’évidence, ce qu’il faut développer c’est un générateur capable d’exploiter l’énergie du vide, car nos ressources minérales sont finies sur notre petite planète.

Bien cordialement

Pierre Langlois, Ph.D., physicien

Consultant en mobilité durable,
Auteur et conférencier

Téléphone : 418-875-0380
Courriel: [email protected]
Site Internet: www.planglois.com

Le physicien Pierre Langlois faisant le plein électrique d'une Chevrolet Volt

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Jean-Claude Cousineau

Jean-Claude Cousineau est le fondateur du site Éco-Énergie à Montréal. Depuis avril 2015 il travaille pour Les Entreprises Ecosolaris. Ilest également un collaborateur du site Roulez Électrique.
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