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Énergie: démonstration de Blacklight Power et fusion chaude par laser au NIF‏


demonstration-blacklight-powerAujourd’hui, le physicien Pierre Langlois nous apporte plus de précisions à propos de la démonstration de la nouvelle source d’énergie alléguée de la compagnie Blacklight Power.

Dans le cadre d’une entente nouée avec le physicien Pierre Langlois ,Éco-Énergie à Montréal et Roulezelectrique ont obtenu le privilège de vous présenter le contenu intégral des infolettres qu’il publie sur une base régulière. Mentionnons que Pierre Langlois est consultant en mobilité durable, auteur et conférencier. Il est d’ailleurs l’auteur du livre Rouler Sans Pétrole, publié aux Éditions MultiMondes. On a pu l’apercevoir au petit écran dans des reportages consacrés aux hybrides rechargeables et auxbatteries et voitures électriques, à l’émission Découverte, entre autres, où il a témoigné en tant qu’expert. Il a également siégé sur le comité aviseur responsable d’appuyer Daniel Breton dans le développement de la politique d’électrification des transports du Québec. Un gros merci à lui.

Énergie: démonstration de Blacklight Power et fusion chaude par laser au NIF‏

Bonjour à tous

Je vous avais promis de vous revenir sur la nouvelle source d’énergie alléguée par Blacklight Power (BLP) lorsque plus d’info sur la démonstration de du 28 janvier 2014 serait disponible. Et bien, on retrouve désormais sur le site de BLP une vidéo couvrant l’évènement. Voir l’entrée en date du 29 janvier 2014, sur la page «What’s New» du site

http://www.blacklightpower.com/whats-new/

La vidéo dure 2h30, et malheureusement le son n’est pas très bon. Je vais tâcher de vous résumer le mieux possible la démonstration.

Il s’agissait de faire passer un courant électrique important dans une petite pastille solide constituée d’un métal et d’un composé hydraté solide. Or la molécule d’eau emprisonnée dans le composé hydraté agit à la fois comme catalyseur et source d’hydrogène. Le courant intense qui traverse la pastille, en provenance de la source d’alimentation d’une soudeuse à arc, permet de produire de l’hydrogène atomique requis pour la transition de l’électron à des orbites plus près du noyau atomique, lorsqu’un catalyseur approprié est présent (H2O).

Il se dégage alors de l’énergie sous forme de chaleur et de radiations dans l’ultraviolet extrême. Cette chaleur dégagée est mesurée par un calorimètre de précision et comparée à l’énergie électrique fournie par la soudeuse. Dans les expériences effectuées le 28 janvier, il se dégageait approximativement 1000 Joules d’énergie dans un millième de seconde, ce qui donne une puissance de 1 million de watts pendant ce temps. Il n’y a donc pas pour le moment de production d’énergie en continu, ni de transformation en électricité.

Ils ont obtenu des gains (Coefficient of performance, COP) de 2,15, pour les expériences réalisées, ce qui correspond à un dégagement d’énergie de plus du double de l’énergie électrique requise pour produire la réaction. Selon Randell Mills les gains peuvent aller jusqu’à 100, mais ils ne l’ont pas démontré, du moins publiquement. Était-ce parce que la réaction est explosive, comme on le voit sur la vidéo, et qu’ils voulaient maintenir un niveau de sécurité pour la démonstration en public, d’où l’utilisation de minuscules quantités de «carburant» ?

J’avoue être moi-même déçu par cette démonstration, bien qu’elle ne remet pas en cause la réalité des hydrinos. Je me serais attendu à un gain (COP) supérieur à 10. Là on aurait été bien plus près d’un produit commercial. Leur but est de construire un prototype capable de produire 1000 réactions à la seconde, ce qui donnerait un million de watts pratiquement en continu. Mais ça va leur prendre encore plusieurs années, si les gains ne sont pas rapidement augmentés d’un facteur 5 à 10.

La compagnie Industrial Heat dont je vous ai parlé dans mon courriel du 1er février 2014, est bien plus près d’un produit commercial, puisque leurs réacteurs RNBÉ fonctionnent pendant des mois en continu en dégageant une dizaine de kilowatt (10 000 watts).

Mais, malgré ma déception concernant la démonstration de BLP, pour relativiser leur gain de 2 il est intéressant de voir que la communauté scientifique est présentement en émoie parce que le National Ignition Facility (NIF) à Livermore vient d’atteindre pour la première fois un gain de 1 en fusion chaude, grâce à un complexe regroupant 192 gigantesques lasers extrêmement puissants qui bombardent une cible de deutérieun et de tritium (deux formes lourdes d’hydrogène) en même temps, avec des impulsions de quelques milliardièmes de secondes. Ils produisent ainsi de l’hélium (par fusion du deutérium et du tritium). Le gain de 1 obtenu signifie qu’ils ont obtenu autant d’énergie dans la réaction de fusion qu’ils ont envoyé sur la cible sous forme de radiation ultraviolet émise par les lasers. Or, le hic c’est qu’à peine 1 % de l’énergie fournie aux lasers se rend sur la cible sous forme de radiation UV. Par conséquent, si on considère l’énergie totale fournie pour faire fonctionner les lasers, le gain réel n’est pas de 1 mais plutôt de 0,01. C’est ce chiffre qu’il faut utiliser pour comparer avec le gain de 2 dans les expériences de BLP sur les hydrinos, puisque BLP considère l’énergie totale fournie aux pastilles de «carburant».

Il faut savoir également que le complexe du NIF à Livermore avec ses 192 lasers longs comme un terrain de football a coûté plus de 3 milliards de dollars!!! Pour plus d’info sur l’annonce récente du NIF sur le gain obtenu en fusion par laser voir

http://www.npr.org/blogs/thetwo-way/2014/02/12/275896094/scientists-say-their-giant-laser-has-produced-nuclear-fusion

http://www.lefigaro.fr/sciences/2014/02/12/01008-20140212ARTFIG00360-les-americains-franchissent-une-etape-vers-la-fusion-nucleaire.php

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Alors, même si les résultats de la démonstration de BLP sont décevants, il ne faut pas oublier qu’ils ont quand même obtenu un gain réel environ 200 supérieur au NIF, à un fraction infime du coût.

Souhaitons que nos gouvernements s’ouvrent les yeux et décident d’investir en R&D pour développer les «Nouvelles énergies de l’hydrogène» (hydrinos, réactions nucléaires à basse énergie, RNBÉ), qui offrent la possibilité BIEN RÉELLE de produire de l’énergie sans gaz à effet de serre et sans déchets radioactifs. Voici quelques vidéos pour ceux qui veulent en savoir plus sur le sujet

http://www.youtube.com/watch?v=mxeKeuh_2Bw&list=PLUZqxmuFaPyBWJgpUdj-cmPGZ8yfX5Vtv

http://www.youtube.com/watch?v=UTvaX3vRtRA

http://www.youtube.com/watch?v=QE1W8NcYsSE

Bien cordialement

Pierre Langlois, Ph.D., physicien

Consultant en mobilité durable,
Auteur et conférencier

Téléphone : 418-875-0380
Courriel: [email protected]
Site Internet: www.planglois.com

Le physicien Pierre Langlois faisant le plein électrique d'une Chevrolet Volt

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Jean-Claude Cousineau

Jean-Claude Cousineau est le fondateur du site Éco-Énergie à Montréal. Depuis avril 2015 il travaille pour Les Entreprises Ecosolaris. Ilest également un collaborateur du site Roulez Électrique.
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