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Les réactions nucléaires à basse énergie: demande de brevet US; Japon, Norvège, Italie et Bill Gates‏


brevet-e-cat-5Aujourd’hui, le physicien Pierre Langlois nous fait  un résumé des événements des derniers mois concernant les réactions nucléaires à basse énergie (RNBÉ) et du réacteur E-Cat d’Andrea Rossi à base de RNBÉ.

Dans le cadre d’une entente nouée avec le physicien Pierre Langlois ,Éco-Énergie à Montréal et Roulezelectrique ont obtenu le privilège de vous présenter le contenu intégral des infolettres qu’il publie sur une base régulière. Mentionnons que Pierre Langlois est consultant en mobilité durable, auteur et conférencier. Il est d’ailleurs l’auteur du livre Rouler Sans Pétrole, publié aux Éditions MultiMondes. On a pu l’apercevoir au petit écran dans des reportages consacrés aux hybrides rechargeables et aux batteries et voitures électriques, à l’émission Découverte, entre autres, où il a témoigné en tant qu’expert. Il a également siégé sur le comité aviseur responsable d’appuyer Daniel Breton dans le développement de la politique d’électrification des transports du Québec. Un gros merci à lui.

Les réactions nucléaires à basse énergie: demande de brevet US; Japon, Norvège, Italie et Bill Gates‏

Bonjour à tous

Dans cette info-lettre je fais un résumé des évènements des derniers mois concernant les réactions nucléaires à basse énergie (RNBÉ) (LENR dans la littérature anglophone, pour Low Energy Nuclear Reaction) et du réacteur E-Cat d’Andrea Rossi à base de RNBÉ.

En octobre 2014 je vous ai parlé du rapport indépendant sur le réacteur E-Cat d’Andrea Rossi, fait par des scientifiques Italiens et norvégiens. Ces derniers ont mesuré des dégagements d’énergie 3,6 fois supérieurs à l’énergie consommée pour amorcer la réaction. Pour mémoire, le coeur du réacteur est constitué de nickel en poudre, d’un catalyseur en poudre, ainsi que d’hydrogène dans un hydrure métallique en poudre. Ce «carburant» en poudre est scellé dans un tube métallique qu’on chauffe avec des éléments chauffants électriques pour amorcer la réaction.

Ce rapport indépendant, rendu public le 8 octobre 2014, est désormais appelé dans la littérature le «rapport Lugano» du nom de la ville suisse où se sont déroulées les expériences. Les chercheurs qui y ont travaillé rapportent avoir fait fonctionner le réacteur pendant 32 jours. Après cette période, l’analyse de la poudre a montré un changement majeur dans la distribution des isotopes du nickel, ce qui révèle qu’il y a bien eu des réactions nucléaires, mais sans déchets nucléaires, ni radiations ionisantes pendant l’expérience, ni gaz à effet de serre.

Pour plus de détails, voici le lien vers les deux principaux billets que j’ai écrit à ce sujet, sur le blogue Roulez Électrique.

http://roulezelectrique.com/e-cat-production-delectricite-et-prolongateurs-dautonomie-pour-vehicules-electriques/

http://roulezelectrique.com/e-cat-et-lenr-cest-tres-serieux-le-scepticisme-excessif-nuit-a-la-science/

Une demande de brevet d’Industrial Heat pour le E-Cat

Suite à ce rapport, une demande de brevet étatsunien de la compagnie  Industrial Heat (qui développe le E-Cat) a été rendue publique au début novembre 2014. Voir

http://www.ecat-thenewfire.com/blog/industrial-heat-patent-cop-11/

On y apprend que Industrial Heat aurait atteint des COP de 11 (11 fois plus d’énergie dégagée que celle requise pour activer le réacteur). C’est un COP trois fois plus élevé que dans le rapport Lugano. Ils ont atteint ce niveau de performance en coupant le chauffage électrique pendant les 2/3 du temps. Typiquement, les éléments chauffants fonctionnent pendant 2 minutes et sont arrêtés pendant 4 minutes à chaque cycle de 6 minutes. Voici un dessin du réacteur qu’on retrouve dans la demande de brevet intitulé «Devices and Methods for Heat Generation».

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Dans ce dessin on voit trois éléments chauffants, mais d’autres dessins dans la demande de brevet en montrent jusqu’à seize.

Daniel Badoual, un ingénieur mécanique français, a fait d’excellents rendus 3D du réacteur décrit dans cette demande de brevet, qu’il a appliqué à un système de chauffage central d’une maison. Il a eu l’amabilité de m’autoriser à les utiliser afin de mieux vous faire voir ce réacteur E-Cat dernière mouture. Voici quelques uns de ses dessins.

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Crédit image: Daniel Badoual

 

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Crédit image: Daniel Badoual

 

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Crédit image: Daniel Badoual

 

Alors, comme vous le voyez, il s’agit d’une technologie particulièrement simple. Je dois dire toutefois, qu’on ne voit pas sur ces illustrations, le boîtier d’alimentation qui module le courant alternatif alimentant les éléments chauffants et coupe le courant pendant une partie du cycle. Les connexions sont à l’avant du module rouge, autant pour l’alimentation électrique que pour le senseur de température, qui contrôle les éléments chauffants.

Rencontre JCF-15 au Japon

Le 1er et le 2 novembre 2014 s’est tenue la 15e rencontre de la «Japan CF-Research Society (CF signifie Cold Fusion) dont un bref sommaire est disponible ici

http://coldfusionnow.org/jcf-15-pairs-experiment-and-theory/

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Des représentants de plusieurs universités japonaises et de groupes industriels (dont Mitsubishi Heavy Industry) y ont participé.

Séminaire sur les RNBÉ à Oslo

Le 5 novembre 2014, la Norwegian Academy of Technological Sciences et la Norwegian Society of Graduate Technical and Scientific Professionals ont organisé un séminaire à Oslo en Norvège sur les réactions nucléaires à basse énergie.

Selon Michael McKubre, un éminent expert étatsunien dans le domaine et conférencier invité, cette rencontre d’information avait pour but de préparer la période post-pétrole pour les pays scandinaves, autant en s’implicant dans la R&D sur les RNBÉ qu’en formant des jeunes chercheurs dans ce nouveau domaine. Un bref compte-rendu de cet évènement est donné par McKubre dans un article de la revue Infinite Energy ici

http://www.infinite-energy.com/iemagazine/issue119/norway.html

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Bill Gates s’intéresse aux RNBÉ et y investit

Le 17 novembre 2014, Bill Gates visite les laboratoires de l’ENEA à Frascati, près de Rome, pour s’informer sur les développements récents dans les RNBÉ, en particulier ceux de l’ENEA, reconnu depuis plus de 20 ans pour la qualité de ses travaux dans ce domaine. ENEA, un acronyme italien, signifie l’Agence nationale italienne pour les nouvelles technologies l’énergie et le développement économique durable. Voici le communiqué de presse de l’Université de Verona sur cette visite

http://www.univrmagazine.it/sito/vedi_articolo.php?id=2820

«Le professeur Federico Testa a reçu Bill Gates à l’ Enea – Agence nationale italienne pour Nouvelles Technologies, Énergie et Développement Économique Durable

Lundi, le 17 novembre Bill Gates, le fondateur de Microsoft, a visité les laboratoires d’Enea “Centro Di Ricerca Frascati” (Centre de recherche de Frascati), reconnu pour une recherche de grande qualité sur la fusion nucléaire. Le Professeur Federico Testa à titre de commissaire d’Enea et de directeur du département d’Administration d’entreprises de l’Université de Verona, l’a reçu.

Gates, amené aux laboratoires par le Professeur Testa et par les scientifiques du Centre, a voulu découvrir les activités de recherche dans le domaine des réactions nucléaires à faible énergie (LENR), plus connu sous le nom de fusion froide, menées dans l’institut.

 

En fait, on considère le Centre de recherche Enea Frascati comme un centre de grande qualité dans ce domaine à l’échelle mondiale. Certains des scientifiques les plus qualifiés dans le monde dans le domaine de fusion froide, comme Vittorio Violante, ont étudié dans ce centre. C’est pourquoi, les USA ont impliqué Enea, seule agence non-américaine, dans un programme de recherche de grande importance scientifique dans le domaine des LENR.»

Dans un article plus récent du Tech Metal Insider (23 décembre 2014) sur l’intérêt de Bill Gates pour les RNBÉ, on apprend qu’il croit à la réalité des RNBÉ depuis plusieurs années et aurait même investi de son argent auprès de certaines compagnies/organisations. Voir

http://www.kitco.com/ind/Albrecht/2014-12-23-Bill-Gates-Sponsoring-Palladium-Based-LENR-Technology.html

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La photo de Bill Gates prise au Forum économique mondial de 2012 vient de Wikimedia Commons ( http://commons.wikimedia.org/wiki/Bill_Gates#mediaviewer/File:BillGates2012.jpg ).

Le Bureau du premier ministre italien s’implique officiellement

Sur le site du futur congrès international sur les RNBÉ, le ICCF-19, qui doit se tenir à Padoue en avril 2015, on voit qu’en date du 12 décembre 2014, le Bureau du premier ministre italien annonce officiellement son haut patronnage pour la conférence ICCF-19. Voir

http://iccf19.com/home.html

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Un chercheur russe aurait reproduit le E-Cat de Rossi

La dernière nouvelle qui vient de tomber concerne la reproduction alléguée du réacteur E-Cat de Rossi (modèle Lugano) par un chercheur russe, Alexander Parkhomov, du People’s Friendship University à Moscou. Il prétend avoir obtenu un COP de plus de 2,5. Voir

http://www.e-catworld.com/2014/12/27/lugano-confirmed-replication-report-published-of-hot-cat-device-by-russian-researcher-alexander-g-parkhomov/

Une traduction anglaise de sa présentation est disponible ici

http://www.e-catworld.com/wp-content/uploads/2014/12/Lugano-Confirmed.pdf

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Je termine ici ma brève revue des évènements sur les RNBÉ depuis le rapport de Lugano du 8 octobre dernier.

Les RNBÉ sont en train de prendre la place qui leur est due depuis longtemps.

Bien cordialement

Pierre Langlois, Ph.D., physicien

Consultant  en mobilité durable,
Auteur et conférencier

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Téléphone : 418-875-0380
Courriel: [email protected]
Site Internet: www.planglois.com

L’information et la solidarité sont les deux piliers des véritables changements

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Jean-Claude Cousineau

Jean-Claude Cousineau est le fondateur du site Éco-Énergie à Montréal. Depuis avril 2015 il travaille pour Les Entreprises Ecosolaris. Ilest également un collaborateur du site Roulez Électrique.
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3 réflexions au sujet de « Les réactions nucléaires à basse énergie: demande de brevet US; Japon, Norvège, Italie et Bill Gates‏ »

  1. Puisque la puissance générée est beaucoup plus grande que la puissance d’amorçage, pourquoi le système a-t-il besoins d’être constamment réamorcé pour maintenir le fonctionnement? Ça me semble illogique. C’est comme si on devait toujours remettre une allumette dans un foyer pour qu’il reste allumé. Peut-être qu’il y a un autre vecteur dans la réaction comme le champ électro-magnétique du courant passant dans l’élément électrique. Est-ce que l’expérience a été tentée avec une flamme? Dans l’affirmative, l’économie de combustible pourrait être très importante.

    Merci M. Cousineau de nous tenir informé de ces avancées technologiques. Je lis toujours avec grand intérêt vos articles.

    1. Bonjour M. Blais

      le chauffage électrique modulé sert également à contrôler la réaction. Pour éviter l’emballement on maintient la température en dessous-d’un certain seuil et on oscille le chauffage avec une boucle de rétroaction. Sinon le réacteur peut fondre, ce qui est déjà arrivé. Ce n’est pas dangereux, car alors la poudre fine de nickel s’amalgame en une seule masse et la réaction s’arrête. Mais le réacteur est foutu.

      Ils font des test présentement avec un chauffage au gaz naturel, mais les résultats ne sont pas encore connus.

      Il faut bien réaliser que la technologie est encore en développement, et qu’on ne comprend pas encore exactement comment ça marche. On sait qu’il y a des réactions nucléaires, mais on ne sait pas encore comment elles sont amorcées et quels sont les paramètres qui la favorisent. Rossi et son équipe procèdent par essais et erreurs, comme Edison lorsqu’il a «inventé» l’ampoule incandescente.

      Tant qu’on n’aura pas de financement important des gouvernements se chiffrant en centaines de millions de dollars, ça ne pourra pas avancer très rapidement. C’est tout un autre chapitre de la science qu’il faut «rédiger». On a déjà investi des milliards en fusion à chaud (Tokamak) et pourtant il ne se dégage pas encore plus d’énergie qu’on en met dedans.

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